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La théorie de l’attachement : les 3 types d’attachement construits dans l’enfance et leurs répercussions à l’âge adulte

 

La théorie de l’attachement

Le paradigme de la situation étrange

Pour Bowlby, psychologue anglais père de la théorie de l’attachement, l’instinct qui conduit un bébé à rechercher sa mère n’est pas celui de l’alimentation, dite pulsion orale chez Freud, mais bien plutôt un instinct de protection satisfaisant un besoin de sécurité à travers la relation à autrui, et notamment sa figure d’attachement (le plus souvent sa mère).

Etre attentif aux besoins d’un enfant ne conduit pas à faire de lui un enfant gâté, ne laissant plus ensuite sa famille en paix par ses pleurs et ses caprices, bien au contraire. – Yvane Wiart

Le paradigme de la situation étrange permet d’évaluer les réactions d’un bébé au stress, le déclencheur du stress étant la séparation brève d’avec sa mèreet la confrontation avec une personne étrangère. Se retrouver seul face à un inconnu sert de déclencheur du comportement d’attachement, mettant fin à l’exploration chez le bébé. La présence ou le retour de la mère constitue le signal d’extinction du comportement qui cesse alors.

C’est ce paradigme de la situation étrange qui a permis d’évaluer les réactions du bébé à la séparation d’avec sa mère et à la présence d’un inconnu, d’observer son comportement lors des retrouvailles ainsi que ses capacités d’exploration de l’environnement en fonction du contexte.

C’est à partir de l’observation des réactions des enfants au retour de la mère que Mary Ainsworth,à la suite de Bowlby, a établi la classification de l’attachement des bébés en trois catégories :

  1. l’attachement insécure ambivalent/anxieux,
  2. l’attachement insécure évitant,
  3.  l’attachement sécure.

 

L’émergence d’une classification des types d’attachement

La principale caractéristique qui différencie un attachement sécure d’un attachement insécure est liée au fait que, dans le premier cas, le parent répond adéquatement aux signaux et aux besoins de l’enfant et ce dernier n’a pas d’effort particulier à faire pour être entendu et objet d’attention, d’affection. Dans le second cas, la réponse est soit inadaptéesoit incohérente, ce qui conduit l’enfant à devoir mettre en place des stratégies particulières d’adaptation (soit de type évitant, soit de type anxieux).

Dans la première catégorie (attachement insécure ambivalent/ anxieux), les interactions entre la mère et son bébé se passent sans heurts mais sans véritable partage affectif non plus. La mère est jugée intrusive dans le sens où elle impose beaucoup sans tenir compte des envies de son enfant (de faire par lui-même, de décider de ses propres jeux, voire d’être laissé tranquille). Cette volonté de projet éducatif ne respecte pas nécessairement les capacités de l’enfant et conduit celui-ci à ne se sentir aimé qu’en cas de réussite. Il apparaît néanmoins comme un enfant aimable et éveillé.

Dans la deuxième catégorie (attachement insécure évitant), l’enfant maîtrise ses émotions et est très indépendant avec peu d’interactions avec sa mère (surtout pas affectives). Il arrive même que l’enfant se montre plus enjoué avec un inconnu qu’avec sa mère, celle-ci se montrant souvent davantage intéressée par les visiteurs que par son enfant. Quand l’enfant exprime de la détresse ou de la douleur, sa mère détourne son attention.

Les parents évitants découragent les tentatives de rapprochement de leur enfant et les parents anxieux découragent les tentatives d’exploration.

Dans la troisième catégorie (attachement sécure), les bébés peuvent se montrer très inquiets lors de la situation étrange et pleurer beaucoup. Mais les chercheurs ont remarqué que le niveau de l’hormone de stress (cortisol) augmente peu pendant l’expérience, comme si les pleurs fonctionnaient seulement comme un signal devant assurer le retour de leur mère, et non comme l’expression d’un désespoir profond.

Une quatrième catégorie a été ajouté par Mary Main, autre chercheuse en psychologie : l’attachement désorienté/ désorganisé. Mais l’attribution d’une des trois premières catégories reste préservée, par rapport à celle dont l’enfant se rapproche le plus quand il n’est pas totalement désorganisé. Chez les enfants désorganisés/ désorientés, des ruptures et des incohérences apparaissent dans les stratégies d’attachement : ils sont susceptibles de s’immobiliser comme pétrifiés de peur au moment de rejoindre leur mère, qu’ils tentent parfois d’approcher de biais, ne parvenant pas à maintenir leur attention au point de paraître absents, confus, désorientés.

 

Les 3 types d’attachement

1. Attachement secure

L’attachement sécure est corrélé à la sensibilité de la mère ainsi qu’au plaisirque cette dernière prend à s’occuper de son enfant.

La relation mère/enfant est fluide et les réactions cohérentes et appropriéesde part et d’autre, sans indépendance ou dépendance marquée.

Les enfants dont l’attachement à la mère est évalué sécure à 12 mois se montrent plus actifs et plus enthousiastes dans leurs activités d’exploration, s’avérant aussi particulièrement disposés à jouer avec les psychologues expérimentateurs. Les enfants ont été jugés comme tels à 12 mois car ils jouent avec plaisir et explorent l’environnement avant la séparation, ils manifestent le manque de leur mère en pleurant et appelant, ils recherchent activement sa proximité à son retour avec un désir d’être pris dans les bras et, finalement, retournent tranquillement à leurs jeux une fois rassurés.

Cependant, l’attachement secure n’est pas monolithique. Yvane Wiart écrit :

Les trois grands types d’attachement se placent en fait dans un continuum avec l’attachement sécure au milieu, certaines catégories en son sein comportant une proximité avec les styles évitant d’un côté, anxieux de l’autre.

Ainsi, certains bébés sécures se montrent indépendants et recherchent peu la proximité si ce n’est qu’ils ont d’importants changes affectifs avec leurs mères (sourires, regards, vocalises), la préférant au visiteur en cas de stress, ce qui les distingue des évitants.

D’autres, au contraire, ont besoin de beaucoup de contacts physiques et s’agitent lorsqu’ils ne peuvent les obtenir mais ils ne montrent ni colère intense ni passivité exagérée, à la différence des bébés avec attachement anxieux. Leurs mères semblent apprécier cette dépendance et encouragent ouvertement les câlins, sans interférence ni entrave notables dans les activités d’exploration de leur enfant cependant.

La troisième sous catégorie, la plus typiquement sécure, est celle où mère et enfant prennent manifestement plaisir à leur compagnie mutuelle, partageant situation de stress et situations de jeu. En cas de stress, l’enfant recherche sa mère qui le réconforte sans difficulté; en situation d’exploration, soit à distance, soit à proximité, le partage affectif est important, à l’initiative et de l’enfant et de la mère qui exprime, elle aussi, ouvertement ses émotions.

A l’âge de 6 ans, les enfants évalués sécures à 12 mois se montrent peu affectés par la séparation d’une heure avec leurs parents. A leur retour, ils les accueillent calmement mais avec plaisir, les associant volontiers à leur activité en cours.

A l’âge de 19 ans, ils présentent des récits structurés et cohérents de leur enfance et de leurs relations avec leurs parents, reconnaissant les enjeux et l’importance de l’attachement.

Ce schéma sécure se maintient au long des années et est associé à une certaine flexibilité attentionnelle et cognitive alternant les points de vue et les centres d’intérêt, sans se mettre sur la défensive systématiquement en cas de contradiction.

 

2. Attachement évitant

Un attachement évitant est marqué par un évitement par l’enfant de ses états émotionnels qui ne sont pas reconnus et traités en tant que tels par les adultes. L’attachement évitant est caractérisé par un manque d’attention de la mère face à la détresse de son enfant, par des réactions de colère ou des moqueries de la part de la mère. Les enfants à l’attachement évitant inhibentleurs manifestations affectives pour en éviter les conséquences indésirables (les réactions négatives de la figure d’attachement). L’accent est placé sur le raisonnement au détriment des affects.

Les enfants évalués évitants à 12 mois se remarquent dans la situation étrange par leur apparente indifférence à l’absence de leur figure d’attachement puis à son retour, continuant à jouer et explorer comme avant la séparation, même quand ils sont laissés seuls. Tout se passe comme si plus l’insécurité est grande (environnement et personnes inconnus), plus ces enfants adoptent une attitude nonchalante et attentive en même temps pour ne courir aucun risque de rejet de leur mère et s’assurer une proximité minimale en cas de danger extérieur.

A l’âge de 6 ans, ces enfants continuent de se montrer évitants lors des retrouvailles avec leur mère. Ils évitent subtilement les conversations par des silences ou des absences de développement sur les sujets abordés (réponses courtes, « je ne sais pas », « rien »…).

A l’âge de 19 ans, ils présentent des expériences d’enfance globalement sous un jour positif mais ils sont incapables de fournir des détails précis pour alimenter cette image idyllique (voire se contredisent). Ils idéalisent souvent leurs parents et n’établissent généralement pas de lien entre ce qu’ils ont vécu enfants et leurs difficultés relationnelles/ comportementales actuelles. Ils vont même jusqu’à nier l’intérêt et l’impact de l’attachement (c’est-à-dire de l’amour même ou en tout cas de preuves d’amour).

 

 

3. Attachement ambivalent (ou anxieux)

L’attachement ambivalent/anxieux s’illustre par un fonctionnement quasi exclusif sur un mode émotionnel chez l’enfant, là encore engendré par des réactions parentales qui peuvent être opposées telle que l’hypervigilance anxieuse (surprotection) ou au contraire le désintérêt ou la négligence.

En l’absence de sa mère, le bébé à l’attachement ambivalent/anxieux est agité et pleure intensément. La figure d’attachement arrive rarement à le calmer à son retour.

A l’âge de parler, l’enfant anxieux/ambivalent pourra manipulervolontairement l’autre particulièrement en feignant des émotions qui ne sont pas réelles ou en exagérant celles qui le sont. Ces stratégies coercitives de maintien du lien peuvent s’exprimer d’autres manières : opposition, agressivité, mensonges, fausses excuses, séduction, critiques, plaintes…

La séduction alterne avec l’agressivité par manque de confiance en soi et manque de confiance en l’autre.

 

Des répercussions à l’âge adulte

Une des fonctions de l’attachement est de permettre de se sentir en sécurité, de façon à pouvoir partir à la découverte de ce qui nous entoure. Cela est très important pour le développement intellectuel et moteur du bébé, mais demeure une constante dans la vie adulte, sous forme de curiosité intellectuelle, curiosité relationnelle et absence de crainte face à la nouveauté ou à l’inconnu. – Yvane Wiart

 

La négation de l’impact et de l’intérêt de l’attachement (creuset des représentations traditionnelles qui conduisent à une insensibilité envers les enfants)

Toutes les études récentes montrent que les personnes à l’attachement évitant, dont l’enfance a été marquée par un manque affectif, sont extrêmement déstabilisées dès qu’on leur parle d’attachement et d’amour

Elles sont incapables d’évoquer leur enfance de manière réaliste et elles nient l’impact que cela a pu avoir sur leur personnalité et leurs réactions actuelles (configuration assez peu compatible avec le développement d’un intérêt profond pour la relation mère/enfant et son impact ultérieur).

Une représentation du monde et des autres négative

Quand les parents ne fournissent pas aux enfants une base sécure vers laquelle se replier à tout moment, en rejetant leurs comportements de rapprochement, en se moquant d’eux, en ne leur prêtant aucune attention ou simplement en n’étant pas présent ni disponible, les enfants sont limités dans leurs explorations qui s’avèrent bien trop dangereuses dans ces conditions.

Yvane Wiart prévient :

Ce qui se joue avec le bébé ou le petit enfant risque fort de se reproduire ultérieurement car il est peu fréquent qu’on change d’environnement familial et lorsque les conditions changent, c’est souvent dans des conditions dramatiques.

Ainsi, un schéma de ce type aura tendance à se trouver renforcé jour après jour aboutissant à la construction d’une représentation du monde comme un lieu plein d’inconnus et de menaces potentielles, où l’enfant devenu adolescent puis adulte, se sentira incapable d’affronter seul toute nouveauté, où il se dira que les autres ne sont pas fiables, qu’ils ne sont pas disponibles en cas de problème et que de toute façon, il ne mérite pas d’être aidé.

En outre, ce qui vaut pour les situations d’exploration de l’environnement physique vaut aussi pour ce qui est de l’environnement psychique, à savoir la connaissance et la compréhension de soi et d’autrui, le droit de poser à ses parents des questions personnelles, d’avoir une réponse authentique, de pouvoir exprimer ses émotions, donner un point de vue.

L’attachement évitant

Les personnes à l’attachement évitant apparaissent comme des personnes calmes, responsables et prévisibles, en apparence agréables à vivre par la transformation de leurs affects en façade positive.

Pourtant, ces stratégies résistent plus ou moins bien au stress et l’effondrement peut être brutal et spectaculaire, se traduisant par des colères, des sarcasmes et une prise de distance, voire une décompensation dans la dépression quand les affects douloureux ne peuvent plus être contenus.

L’attachement anxieux/ambivalent

Les personnes à l’attachement anxieux/ambivalent sont marquées quant à elles par l’irrégularité des réactions parentales subies dans l’enfance et qui engendre d’importants sentiments de frustration, de colère et de peur (liés au fait de ne pas être pris en compte, de ne pas être entendu, de risquer d’être abandonné).

On se retrouve alors en présence soit d’une personne qui se montre invulnérable et en colère (qui fait porter la responsabilité aux autres), soit d’une personne vulnérable et peureuse (qui persuade autrui de lui porter secours).

Les personnes à l’attachement anxieux/ambivalent ont besoin de l’autre pour exister, même si les relations sont chaotiques (associant agressivité et soumission).

A noter qu’il existe de nombreuses personnes qui associent ces réactions en fonction des interlocuteurs et en fonction des circonstances.

 

Type d’attachement et relations amoureuses

Les adultes sécures n’ont aucune difficulté à devenir intimes et à faire confiance à leur partenaire. Ils pensent que l’amour existe et peut être durable. Ils sont en même temps capables de reconnaître et exprimer les affects négatifs engendrés par la relations et d’imaginer des issues positives en cas de conflit.

Les adultes ambivalents/anxieux ont des demandes affectives démesurées et leur peur d’être abandonnés les mène à douter de la sincérité de l’amour de l’autre.

Les adultes évitants se caractérisent par un rejet de l’attachement et de la dépendance affective. Ils ont tendance à se maintenir à une certaine distance physique et/ou psychologique de leurs partenaires. Ils se protègent des expériences de détresse affective par une désactivation des émotions douloureuses (ce qui leur permet de ne rien ressentir mais les empêchent de savoir s’ils sont heureux ou non…). Cette maîtrise affective s’étend aux émotions positives : pas d’explosion de joie donc !

 

Pas de déterminisme immuable : prise de conscience, neuroplasticité et tuteurs de résilience

Neurosciences et attachement

Daniel Siegel, neuroscientifique américain, fournit une approche neurodéveloppementale de l’attachement, montrant comment la structure même du cerveau est modelée par les interactions avec autrui, et tout particulièrement les interactions précoces.

La répétition d’un certain type de réponses obtenues à une stimulation, les pleurs de bébé ou au contraire ses tentatives de contact positif, créent un conditionnement, une association neuronale spécifique qui rapidement s’active en présence de stimuli semblables, voire dans la simple anticipation de tels stimulis.

Pour autant, le cerveau est plastique et peut se reconfigurer à tout moment de la vie. Il suffit que dans un sous ensemble, un élément nouveau apparaisse, suffisamment proche pour ne pas être rejeté comme incompatible, et cependant suffisamment différent et porteur d’une forte valeur informative pour que l’ensemble du système s’en trouve modifié. Ou alors on peut assister à l’intégration d’éléments différents proches entre eux, dont l’accumulationfinit par introduire une masse critique faisant basculer les paramètres du schéma d’origine.

C’est tout l’intérêt d’un accompagnement thérapeutique : les psychologues cherchent à relancer l’évolution vers davantage d’intégration et de complexité dans le système relationnel humain et dans les connexions neuronales qui le sous tendent au sein du cerveau en présentant de nouveaux contextes et en introduisant plus de flexibilité.

 

Une reprise de contact avec l’instinct d’attachement

Ainsi, il est possible d’envisager une reprise dans une évolution bloquée :

  • soit par une action thérapeutique professionnelle,
  • soit par une rencontre avec une personne sécure qui peut parvenir à faire évoluer les modalités d’attachement insécure d’un partenaire,
  • soit par une prise de conscience personnelle sur ce qu’il y a de mieux à faire (mais ce cas est extrêmement rare et difficile).

Dans tous les cas, patience et attention sont des prérequis vers une vie plus harmonieuse.

C’est pour cette raison qu’Yvane Wiart milite pour la diffusion massive d’informations sur l’importance d’un attachement sécure pour l’épanouissement tant personnel qu’interpersonnel (voire sociétal).

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Le centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) de l’Oise suit, chaque année, près de 2 000 enfants et adolescents souffrant de difficultés scolaires ou de troubles du comportement.

Le centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) de l’Oise suit, chaque année, près de 2 000 enfants et adolescents qui ont des problèmes psychologiques, d’apprentissage ou d’adaptation. Dans cette structure, qui existe depuis plus de cinquante ans, professionnels de santé et de l’Éducation nationale travaillent main dans la main.

Géré par l’association des Pupilles de l’enseignement public Grand Oise, le CMPP est réparti sur six sites dans le département. Plus d’une centaine de professionnels accompagnent les enfants. Les familles peuvent consulter le centre de leur propre initiative ou sur le conseil d’un médecin, d’un travailleur social, d’un enseignant. «  Les instituteurs détectent souvent les premiers signaux d’alerte au moment des apprentissages, à l’école. Un enfant qui n’est pas attentif, qui a des problèmes de langage ou de comportement peut être orienté vers nos services  », détaille Yves Gitton, directeur administratif et pédagogique du CMPP de Compiègne.

Quelques chiffres

  • 1946 : Création du premier centre médico-psycho-pédagogique à Paris. L’objectif était d’accompagner les jeunes en difficulté, avec l’idée de les maintenir dans leur environnement d’origine.
  • 2 000 enfants sont suivis chaque année par le CMPP dans l’Oise.
  • 6 sites dans l’Oise : le siège est à Compiègne et ses cinq antennes à Clermont, Mouy, Noyon, Saint-Just-en-Chaussée, Breteuil.
  • 120 salariés travaillent sur l’ensemble du département.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article en entier sur le site du Courrier PICARD : http://www.courrier-picard.fr/83271/article/2018-01-12/lecoute-des-enfants-et-ados-en-souffrance

 

 

Manque de motivation, passivité, « maladie de l’effort », perte d’intérêt….. hum! Ca ne vous rappelle rien?

Pour motiver votre adolescent, lisez bien les 10 astuces qui suivent!

 

 

 

Il faut savoir qu’un ado est tenté par plein de plaisirs, immédiats et éphémères. Il est dans l’instant présent, et son avenir, ça fait loin pour lui, du coup ça ne l’intéresse pas vraiment! Dans sa quête d’autonomie, il a besoin de sentir qu’il « dirige » sa vie, que ses parents n’ont plus autant de pouvoir sur eux. Plus l’enfant veut prendre son envol et plus nos attentes en tant que parents s’éloignent de ses désirs à lui. Nous lui demandons de faire des efforts alors que lui est attiré par la facilité.

Il y a comme qui dirait un problème de synchronisation!

Pourquoi un ado n’est pas motivé?

 

Ca peut être pour des raisons personnelles:

  • chaque ado a une personnalité bien à lui et certains sont plus enclins à fournir des efforts que d’autres (en gros, il y a des ados plus paresseux que d’autres par nature).
  • il est victime de désillusions (on sait que les ados sont a fleur de peau et prenne tout a coeur et dramatisent les évènements).
  • ça peut être pour des raisons familiales (divorce, décès, déménagement etc)
  • il a peur de l’échec et du regard de l’autre2

La cause de son manque de motivation peut être externe:

  • il est influencé négativement par ses fréquentations,
  • il est victime de rabaissements (à l’école ou dans la famille),
  • il dépense toute son énergie à gérer des conflits (avec des amis par ex) et donc ne peut plus se concentrer sur ses objectifs (notamment scolaires)

 

 

 

Tous ces conseils vont sonner comme des évidences, mais il est toujours bon de rappeler les choses simples, ce sont souvent les plus efficaces.

 

 

Avec attention et pas les yeux rivés sur votre smartphone parce-que vous aurez beau le convaincre, il aura du mal à croire que vous l’écoutez attentivement!

L’ado a besoin qu’on le comprenne (sans forcément accepter ce qu’il dit1). Ca ne vous ai jamais arrivé à vous de vous retrouver face un mur qui refuse d’écouter ce que vous avez à dire. C’est frustrant n’est-ce pas?

Intéressez-vous sincèrement à sa vie, les détails pour vous qui sont des montagnes pour eux. Ecouter sans juger pour commencer, vous donnerez votre avis dans un deuxième temps. S’il sent que vous êtes concerné par ce qui lui arrive, il sentira qu’il a de la valeur à vos yeux et ça le motivera à avancer.

motiver votre adolescent

Nos oreilles sont certes moins grandes, mais il faut écouter nos ados avec autant d’attention :D

 

 

 

 

 

Il doit avoir des objectifs clairs: pourquoi je dois faire ça? Un ado ne peut pas être paresseux dans TOUS les domaines de la vie, enfin normalement! Il y a forcément des choses dans lesquelles il fournit beaucoup d’efforts. Bon, si  ce sont les jeux vidéos, effectivement ça pose un léger problème. Pour motiver votre adolescent, demandez-lui ce qui l’interesse vraiment. A partir de sa passion, voyez comment vous pouvez transférer cette motivation dans le domaine scolaire ou dans sa vie quotidienne.2

Mon ado de 12 ans rêve depuis toujours de devenir fermière. Elle est excellente à l’école mais elle veut devenir fermière. Je ne brise pas son rêve car de un, elle en changera peut-être et de deux, si c’est vraiment ce qu’elle veut faire, alors tant que ce n’est pas mauvais en soi, je respecte son choix, car c’est comme ça qu’elle sera heureuse: en faisant ce qu’elle aime. Mon fils de 9 ans a toujours voulu être archéologue. Soit. Pour cela il devra travailler et il le sait: c’est une motivation.

motiver votre adolescent

Aider les ados à se motiver à atteindre des objectifs. Même passer l’aspirateur c’est un objectif, si si ;)

 

 

 

 

Un ado cherche en général à savoir ce qu’il peut retirer d’un effort fourni.  En gros, qu’est-ce qu’il a à gagner? Il optimise son temps quoi!

Il y a une phrase que j’aime dire à mes enfants, et qu’ils aiment doivent (!) entendre: « tu ne peux pas faire uniquement ce que tu veux ou ce qui te plait. Tout le monde voudrait que ça se passe comme ça, et moi la première. Mais on est tous soumis à des obligations, des choses qu’on n’aime pas faire et qu’il faut pourtant faire. C’est une loi universelle à laquelle tout le monde est soumis! » Oui dit comme ça, on sent qu’ils ne peuvent pas y réchapper les pauvres ! :)

Vous pouvez faire comprendre ce concept à votre ado en lui disant: « tu dois faire des choses que tu DOIS faire pour faire les choses que tu VEUX faire4 ». Cette simple phrase peut vous permettre de motiver votre adolescent.

Pour atteindre un objectif qui nous tient à coeur, on est souvent obligé de sacrifier des plaisirs à court terme pour obtenir un gain à long terme. Dans sa vie d’adulte, le monde du travail lui demandera aussi de fournir des efforts. La réussite vient avec les efforts.

Montrez-lui à quel point c’est satisfaisant de se sentir utile, de sentir que l’on s’accomplit en agissant. Ce sentiment de satisfaction peut devenir à lui seul le plus grand bénéfice à retirer de l’action.

motiver votre adolescent

Expliquez à votre ado qu’il n’y a pas de réussite sans efforts. Bon, pas obligé de les envoyer au bagne quand même ! :)

 

 

 

 

En tant que parent, on est en droit d’exiger des choses de nos ados. Je dirais même plus, c’est un devoir d’éducation. Si on les laisse faire uniquement ce qui leur plait….vous imaginez les dégâts!!

Cependant, il ne pas se focaliser que sur leurs erreurs et échecs mais au contraire il faut valoriser ses bonnes actions (même aussi minimes que servir un verre d’eau à son frère!). Bien sûr on ne va pas exagérer et l’encenser, l’applaudir parce-qu’il a débarrassé la table ou daigné ne pas laisser traîner son sac dans le salon! Il ne s’agit pas de ça. Mais parfois, il faut relever ce qu’ils font de bien, au risque de nous transformer en mitraillette à reproches!

Si vous ne faites que des leçons de morale et des critiques, l’ado va se sentir bloqué, comme ligoté. J’ai déjà ressenti cela avec des personnes qui sont sans cesse dans le jugement de ce que vous faites, et que vous évitez à tout prix pour ne pas vous sentir comme une moins-que-rien. Ca vous est sans doute déjà arrivé!? Das ces cas-là, clairement, on ne sait pas comment agir car de toutes façons, on sera jugé! SI vous faites ça avec votre ado, il finira par s’éloigner de vous et vous exclure de sa vie.

Ca nous arrive à tous d’abandonner une tâche ou de repousser son exécution car on n’a pas envie de la faire. Imaginez maintenant qu’en plus de cela, quelqu’un est toujours en train de vous observer pour vous critiquer et vous décourager! C’est contre-productif si vous pensez que c’est comme ça que vous allez lui rendre sa motivation.

Ca ne veut pas dire qu’il n’a pas besoin d’entendre « ses 4 vérités »: il faut le confronter à l’image qu’il nous renvoie, à ses défauts. S’il agresse toujours sa petite soeur ou se prend pour un petit chef, c’est notre devoir de lui faire des reproches à ce moment-là. Mais quand vous avez un jugement à porter sur votre ado, jugez son acte mais pas lui en tant que personne. Ne lui donnez pas d’étiquette sinon il finira par s’identifie et s’y conformer, même inconsciemment!

Ca ne sert à rien de faire tout le temps des reproches à nos ados (même si parfois il faut les secouer un peu ;) )

 

 

 

 

Ca rejoint le point précédent. (vous l’avez lu j’espère :) ).

Pour sentir qu’il a de la valeur, l’adolescent doit sentir que ses parents sont fiers de lui (sauf quand il mal agit), qu’ils lui font confiance1 .

Un ado se compare beaucoup à ses pairs (mot scientifique pour parler de ados comme lui :) ). Vous pouvez lui expliquer qu’être le meilleur n’est pas un but en soi. L’important, c’est de savoir qui fait le plus d’effort.

Pour motiver votre adolescent, valorisez-le. Plutôt que de le complimenter sur son intelligence (qui est relative), complimentez-le sur ses efforts. Dites-lui qu’il a des talents cachés (parfois très bien cachés d’ailleurs :D ), il se sentira valorisé et trouvera l’énergie suffisante pour vous prouver qu’il est effectivement capable.

motiver votre adolescent

Si l’adolescent s’estime, il sera plus motivé à agir car il aura plus confiance en ses capacités.

 

 

 

 

 

Ca ne veut pas dire que vous capitulez et abandonnez les règles qui vous tiennent à coeur. Mais lâchez du lest sur certaines choses que vous exigez peut-être de façon mécanique (c’est ce que l’on appelle les règles inconscientes). Expliquez-lui que vous restez ferme sur vos attentes au nom de la confiance et l’amour que vous lui portez. En gros, c’est pour son bien!

C’est connu que trop de pression apporte du stress et que ce stress démotive. Parfois les ados sont surchargés d’activités, ce qui les fatiguent et les rendent impuissants. Quand on a l’impression de ne pas arriver à bout de tout ce qu’on a à faire, on se sent démotivé, découragé. Vous pouvez l’aider s’organiser pour une tâche si vous voyez qu’il procrastine devant l’ampleur du travail

Un ado qui a peur d’échouer va préférer se donner des airs de paresseux. Pourquoi? Car au moins il ne décevra pas ses parents si jamais il n’a pas les résultats attendus! D’où l’importance d’exiger de votre ado des choses réalisables et qui rentrent dans ses capacités à lui, tout en le stimulant un peu pour qu’il ne se repose pas sur ses lauriers (ou sur le canapé). Tout est dans le juste milieu entre les deux: sur-stimulation et sous-stimulation.

Si l’ado est surchargé de travail et d’activités en tout genre, il perdra sa motivation au fil du temps.

 

 

 

 

Les écrans envahissent son esprit, le préoccupent. Nous aussi d’ailleurs. C’est pour cela que j’ai suivi une Digital Detox. Oui, une D.D. si vous préférez. Et si vous ne savez de quoi il s’agit, vous pouvez lire mon article.

Parlons des jeux vidéos. Ils ont quand même du bon puisqu’ils entraînent l’ado à prendre des décisions rapidement, à adopter des stratégies etc . Vous pouvez utiliser les jeux vidéos (ou ce que vous voudrez) pour lui faire faire des pauses quand il a une longue tâche à effectuer et qu’il ne s’est pas endormi entre-temps. les pauses vont l’aider à se ressourcer et le motiver à la tâche car il se dit « quand j’aurai fini, j’irai faire ma partie. En gros, il s’auto-récompense.

C ‘est bien connu: les écrans déconnectent une personne de la réalité, de son quotidien, de sa vraie vie. Si votre ado est trop plongé dans les outils technologiques, il ne trouvera plus suffisamment de motivation pour vivre sa vraie vie, car elle ne l’intéressera plus autant que sa vie imaginaire et ses « pseudos-amis-de-facebook-qu’on-n’a-jamais-vu-mais-qui-sont-mes-amis-quand-même ».

La vie imaginaire de votre ado est bien moins fatigante et demande moins d’efforts que sa vie réelle. Et surtout, elle l’amuse plus.

Les ados doivent diminuer le temps passé devant les écrans pour retrouver de la motivation.

 

 

 

 

C’est sûr qu’il y a des moments où ils nous ont tellement énervé que l’humour serait plutôt noir à ce moment-là! Mais une fois l’orage passé, un joli arc-en-ciel fait son apparition! C’est le moment de renouer, plaisanter avec votre ado pour dédramatiser, faire redescendre la pression. D’une manière subtile, avec une touche d’humour, on peut amener l’ado à lui faire faire des choses qu’il n’avait pas forcément envie de faire à la base. Cette technique marche surtout avec ma pré-ado de 10 ans et demi. Elle est la plus réceptive à l’humour. C’est pourquoi il faut s’adapter à la personnalité de chaque enfant.

Plaisanter avec nos ados est parfois un moyen de les motiver à agir.

 

 

 

 

Quelle rapport avec la motivation? Eh bien en se sentant responsable, il sait que les autres comptent sur lui et qu’il n’a pas le droit de trahir leurs attentes. Il est le maillon d’une chaîne qu’il ne doit pas briser par son inaction. En espérant qu’il ne soit pas le maillon faible :)

Il ne faut pas chercher à lui épargner les conséquences naturelles de ses actes ou échecs à tout prix. Il doit goûter aux désagrément pour se motiver. Ben oui, à force de sortir avec un pantalon sale parce-qu’il « oublie » de le mettre dans la pamière à linge, il finit comme par magie à y penser seul. VOus ne devez pas le surprotéger sinon vous entretenez quelque-part sa paresse.

Je vous l’exemple des activités sportives ou autres auquelles il s’inscrit en septembre, parce-qu’en septembre, il est au taquet. Si en cours d’année il veut abandonner une des activités il doit aller jusqu’au bout. La rentrée suivante, il réfléchira à deux fois avant de s’engager. La leçon à tirer de ça, c’est « j’ai une parole et je ne trahis pas mes engagement ». Et puis, c’est nous qui payons les activités donc par respect pour notre porte-feuille, il ne lâche rien :)

motiver votre adolescent

Si un ado s’engage à être présent, il doit se motiver pour y aller même s’il n’a pas envie.

 

 

 

 

Ca fait toute la différence! Le manque de motivation est étroitement lié à la paresse. Mais si cette paresse vous l’entretenez indirectement en faisant trop de choses à sa place, votre ado va s’installer confortablement dans ce lit douillet que vous lui préparez. L’être humain est tenté par la facilité, et votre ado encore plus! Il faut donc le sortir de sa zone de confort et le laisser agir seul, tout en étant un soutien qu’il pourra solliciter si besoin est.

Un peu comme si vous étiez sa bouée de secours, car en cas de noyade il sait qu’il pourra compter sur vous.

Et pour ne pas assister votre adolescent, je vous encourage à le forcer à laisser participer aux tâches ménagères. Dans cet article, j’explique les bénéfices qu’il y a à faire participer les enfants.

En France, de nombreux parents constatent qu'il s'écoule un temps bien trop long entre le diagnostic de leur enfant autiste vers 18 mois, et la mise en place d'une prise en charge globale et adaptée sur toute la semaine. En général, faute de moyens, ils doivent entre 18 mois et 5 ans (âge où l'enfant est admis dans une institution spécialisée pour obtenir cette prise en charge) se contenter de quelques heures (2 à 3 heures) réparties entre un(e) psychologue supervisant un(e) éducateur-trice et un(e) orthophoniste ou psychomotricien-cienne. Il n'est pas rare alors, qu'un parent s'arrête de travailler. 

Durant ce temps qui passe, où les parents sont entièrement livrés à eux-mêmes (entre les démarches administratives - dossier MDPH, examens cliniques et autres rendez-vous de spécialistes), l'enfant progresse peu, et montre même des signes de stagnation voire de régression. Ces signes de l'autisme s'installent alors et sont plus difficiles à faire évoluer après cette période très longue, trop longue, où il n'a pas pu bénéficier d'une prise en charge globale.

Pour quelles raisons les choses sont-elles ainsi ? Principalement parce que les structures proposant cette prise en charge précoce et à temps plein pour ces enfants autistes entre 18 mois et 5 ans n'existent pas! Or la meilleure chance qui pourrait leur être donnée d'intégrer au mieux la société dans le futur, serait d'agir alors que ces signes ne sont pas encore durablement installés. Plus l'intervention est tardive oui, et moins il est facile de faire évoluer favorablement l'enfant.

Mes quinze années d'expérience en institution en tant que psychologue m'ont amené à la conclusion qu'il était vital que ces enfants et leur famille puissent dès le diagnostic établi (entre 18 mois et 3 ans), intégrer (sans attendre un jour de plus) un programme d'état comprenant une assistance complète (prise en charge globale de 7h par jour associée à une assistance administrative et psychologique de la famille). Pour ce faire, il s'agirait de financer et de créer des structures spécialisées et entièrement dédiées à la prise en charge précoce de ces enfants autistes.

Je demande à Sophie Cluzel - Secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées, et à Agnès Buzyn - Ministre des Solidarités et de la Santé, de considérer, au nom de toutes les familles et enfants concernés, cette demande (Programme pour une Prise en Charge Précoce et Globale de l'Autisme), et de l'intégrer comme la mesure phare du plan autisme à venir.

Par Jean-Luc ROBERT

Psychologue clinicien

www.LezAPe.fr